Et l’Humain dans tout ça ?

Je vais prendre un gros risque… celui de passer pour dépassée  (je n’ai pas envie de dire  has been ) en un temps où les technologies de l’information offrent de plus en plus  de possibilités de partage, d’apprentissage, de lien facile.

Je vais prendre un gros risque dis-je car j’ose avouer que j’ai peur que le lien direct, le contact devienne de plus en plus accessoire (et décidément trop cher).

Les formations délivrées via des programmes enregistrés en vidéo par des comédiens et disponibles directement sur le poste de travail, c’est bien.

La généralisation des téléconférences, du télétravail etc.., c’est très bien.

J’ai été et je suis toujours la première à applaudir à ces innovations car il y a beaucoup de gaspillage de temps et d’énergie dans des réunions mal préparées, mal animées, dans des formations sans réel contenu, dans des temps de transport aberrants.

Mais nous sommes en train de passer d’un excès à l’autre en négligeant des questions qui me paraissent essentielles :

Ces formations et réunions permettent des échanges authentiques sur la façon dont chacun exerce son métier.

La formation ne peut se limiter à l’acquisition de connaissances ni à des exercices virtuels. Nous apprenons beaucoup par l’expérimentation et le retour d’expériences, ce qui nécessite un apprentissage sur le terrain auprès de ceux qui pratiquent depuis longtemps.

Par ailleurs si nous dépensons tant de temps  en échanges considérés comme non productifs c’est que cela répond à un besoin que l’organisation et son management n’assouvit pas, le besoin de lien, de partages informels qui nous donnent le sentiment d’exister au sein d’une communauté professionnelle.

La technologie ne résout pas tout pour les questions de communication, d’information, de formation et il est dangereux de vouloir améliorer un système avec comme principale préoccupation, la réduction des couts (quoi que peuvent dire les discours).

Il me parait plus intéressant et utile d’avoir une vision globale intégrant les nouvelles technologies au service des enjeux professionnels, sociaux et humains et ne pas juxtaposer les deux,  le social et le ludique d’un côté (challenges sportifs, soirées à thème….) et le professionnel de l’autre via des outils qui permettent de gagner de plus en plus de temps.

A l’heure où le concept de bonheur au travail est dans tous les médias, ne trouvez-vous pas qu’il serait plus simple et efficace de ne pas vouloir trop compresser le temps et de laisser se glisser un peu d’inutile dans les relations professionnelles ? La créativité et l’engagement des personnels y gagneraient beaucoup, et finalement c’est l’entreprise qui en sortirait gagnante.

Est-ce vraiment un combat d’arrière- garde ?

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